Samedi soir, au Théâtre, une conférence poétique jouant sur les joies et les drames de vies ouvrières/minières du Nord-Pas-de-Calais 

La brique

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L'auteur,  (Compagnie HVDZ à Loos-en-Gobelle) brasse et mêle ses souvenirs et ceux de sa génération (la nôtre), sans nostalgie, avec ceux d'une région, le bassin minier et ceux d'un quartier, les corons de Ferfay.

Ecrit et présenté dans le cadre des Journées du Patrimoine, nous assistons au parcours d'un garçon, de sa famille, de ses voisins, sans caricature, avec humour et émotion. Photographies, vidéos, musiques rythment une mise en scène qui fait alterner des temps de réflexion et d'amusement. Qu'est ce qui va fonder un homme au plus profond, qui va l'aider à grandir, avec ou contre, qu'est-ce qui va faire qu'il est de quelque part comme cette brique rouge omniprésente dans les paysages et inscrite au patrimoine de l'Unesco ? Une réflexion sur l'art contemporain et le travail de l'artiste accompagne transversalement le discours et la géographie de la région.

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© photographes nomades

 

Un texte intelligent qui, au-delà du prétexte patrimonial réussit à mettre en avant ce qu'il y a d'intime et d'universel chez les gens (et dans la brique) et à parler en même temps de chacun de nous. Un spectacle gai, optimiste dont on sort avec le sentiment d'avoir grandi un peu nous aussi sur le Carreau de fosse de Ferfay où son père a été mineur toute sa vie.

Après, des liens littéraires se font. Martine Sonnet et L'atelier 62. Celui de son père. L'industrie automobile. Et puis Lucien Suel, les locomotives "D'azur et d'acier". En rentrant, je cherche sur le web . Alloucherie, la Cie, le Hvdz, ses spectacles, les intentions. Et je trouve les projets, les textes, les veillées, les portraits de village, les rencontres. Le travail sur la mémoire et sur le présent, sur le comment vivre ensemble, les récits de vie. G. Alloucherie dit : "Les gens, je leur dois tout".

Et puis, je trouve Lucien Suel. Il a vu les spectacles de Hvdz, il en parle bien et , plus loin, des liens nous ramènent à Martine Sonnet qui dit le travail de Suel sur la mémoire ouvrière, l'usine, les briques du mur d'enceinte.

Ils s'étaient déjà trouvé, forcément.

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© photographes nomades